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La vie militaire à Saint-Sébastien

      La vie militaire débuta à Saint-Sébastien en décembre 1868, avec le retour de l'Ecole militaire de Québec, de Damase Paradis. Muni d'un certificat, le paroissien-soldat se mit en devoir de recruter des membres volontaires pour la formation d'une Compagnie dont il fut nommé capitaine. Ce fut la 2e Compagnie du Bataillon de Beauce, la 1ère Compagnie ayant été recrutée à Saint-Vital de Lambton, par le capitaine Charles Labrecque.

      Les officiers de cette 2e Compagnie furent Louis Paradis, premier lieutenant; Antoine Blouin, Xavier Paradis et Pierre Bélanger, 1er, 2e et 3e sergents; Achille Proteau, Philias Therrien et Pierre Dallaire, caporaux. Les soldats volontaires étaient: Jean-Baptiste Robert, Josepli Robert, Philias Robert, Paul Lacroix, Joseph Lacroix, Nazaire Lacroix, Edouard Lacroix, Ferdinand Goupil, Pascal Bureau, Barthélemi Royer, Léon Royer, Paul Royer, Dominique Royer, François Lessard. Jacques Lessard, Jean Lessard, Godefroi Boulanger, Louis Ferland, Pierre Ferland, Ferdinand Beaudoin, Joseph Beaudoin, Etienne Veilleux, Napoléon Badeau, Joseph Dorval, Blaise Tanguay, Joseph Vallière, Abraham Boutin, Xavier Boutin, France Therrien, Vital Godbout et Georges Proteau.
      En juillet 1869, eut lieu à Saint-Sébastien le premier exercice militaire. Durant huit jours, la Compagnie mena la vie de camp et s'initia aux épreuves et aux minuties de la vie militaire. L'inspection de l'adjudant-général, le colonel Duchesnay, valut des félicitations à la Compagnie.
      En 1870, on se préparait à répéter l'expérience quand survint la tentative d'invasion des Féniens. Liés par serment en vue de libérer l'Irlande de l'Angleterre, les Irlandais (les Féniens comme ils s'appelaient eux-mêmes) réfugiés aux Etats-Unis, s'étaient déjà essayé en 1866 à attaquer l'Angleterre au Canada. Après l'insuccès de cette première tentative, ils essayèrent de nouveau leur chance au printemps de 1870.
      La surprise de cette invasion eut ses répercussions jusque dans notre paroisse. Voici ce qu'en a écrit M.Louis Paradis :
     
"Au commencement du mois de mai 1870, un ordre était donné d'Ottawa à tous les commandants des différents bataillons de tenir les compagnies prêtes à deux jours d'avis; personne ne voulut y croire, lorsque le 21 mai, un messager spécial partait de Québec et était envoyé au major Duchesnay de mettre son bataillon sous les armes et de le rassembler au quartier général, à Sainte-Marie. Le commandant, en recevant cet avis, publia un ordre du jour pour assembler les quatre compagnies qui composaient son bataillon et les faire transporter à Sainte-Marie. Le courrier qui fut expédié à Saint-Sébastien arriva pendant la grand'messe; immédiatement après la messe des Volontaires qui se trouvaient à l'église reçurent l'avis de se rendre immédiatement au quartier général de la Compagnie; là ils reçurent l'ordre de revenir le lendemain matin afin de partir pour Sainte-Marie. Le lendemain, plus de la moitié de la Compagnie était absente, il fallut parcourir plus de quinze milles pour les rassembler tous; c'était en pleine saison de semence et personne ne s'attendait à cela, ce fut une surprise générale.
      Malgré cela, les militaires qui s'étaient enrôlés ne firent aucune résistance et le lendemain, après avoir assisté à une messe que le révérend M. Charles Hallé voulut bien dire aux intentions des volontaires, à dix heures du matin, la Compagnie forte de cinquante hommes partait dans seize voitures. On arrivait à Sainte-Marie le lendemain, 26 mai, à l'angélus du soir; notre arrivée en ce beau village avait quelque chose d'imposant; ainsi on fut reçu par les Compagnies no 3 et no 4 qui étaient déjà rendues sur les lieux.
      Le lendemain, dimanche, il y eut parade militaire; c'était la première fois que les soldats se trouvaient réunis en bataillon. Après cette parade, le bataillon qui s'était formé dans la cour du collège, se déploya en colonnes de route pour se rendre à l'église assister à la grand'messe où des places avaient été préparées pour tous, officiers et soldats.
      Le révérend M. Proulx, le digne curé de la belle paroisse de Sainte-Marie, profita de l'occasion pour encourager les militaires à se respecter, à se conduire sagement, avec sobriété et chrétiennement. Il rappela ce qu'avaient fait nos ancêtres pour la gloire et l'honneur du Canada et surtout pour la gloire et l'honneur des Canadiens-Français."
      "Pendant ce temps, les Féniens, réunis à Saint-Albans, au Vermont, franchirent la frontière du Canada. Le bataillon volontaire du comté de Missisquoi eut l'honneur de répondre à l'envahisseur; "le premier officier fénien, écrit M. Paradis, qui se montra sur le territoire canadien reçut une balle qui l'étendit mort; ses compagnons se sauvèrent de l'autre côté des lignes et tout fut terminé."
      La fin précipitée de cette attaque fit congédier le 28 mai tous les volontaires cantonnés à Sainte-Marie. Nos militaires revinrent à Saint-Sébastien après une absence de cinq jours.
      Au mois de juin suivant, le bataillon de Beauce réunit au complet à Sainte-Marie pour les exercices annuels. Le camp dura seize jours. Le 8 juillet 1870, le colonel Casault faisait l'inspection du bataillon.
      En 1871, il y eut réunion plénière, à Lévis, de tous les bataillons du district militaire no 7, dont faisait le 23e bataillon, le Bataillon de Beauce. La compagnie no 2, de Saint-Sébastien s'y fit avantageusement remarquer.
En 1872, au même endroit, le capitaine Damase Paradis et le quartier-maître, Louis Paradis, conduisirent de nouveau la Compagnie de Saint-Sébastien. En 1873, il n'y eut pas de camp militaire. En 1874, le 23e bataillon se réunissait de nouveau à Sainte-Marie. Cette même année; le quartier général du bataillon fut fixé à Saint-Sébastien, et c'est ce qui explique que malgré l'absence de réunion plénière des bataillons de 1875 à 1880, il y eut cependant des exercices de compagnie à Saint-Sébastien, en 1876 et en 1878.

      En 1880, la Compagnie de Saint-Sébastien se créa un corps de musique qui sut faire honneur au 23e Bataillon en plus d'une circonstance, à Lévis et ailleurs. Ce corps de musique resta à la paroisse de Saint-Sébastien lors de la disparition du 23e Bataillon, en 1900, et se maintient encore aujourd'hui quoique ses activités soient fort diminuées.
      A partir de 1880, les exercices militaires se firent de nouveau tous les ans, à Lévis, et une fois à Sainte-Marie. En 1884, le capitaine Damase Paradis fut élevé au rang de major et bientôt le capitaine Louis Paradis eut le même grade. En 1900, la retraite pour raison d'âge des deux majors Paradis, la mort du colonel Duchesnay entrainèrent la disparition du 23e Bataillon. Le Bataillon de Beauce avait plus de 31 ans d'existence.
      Et la vie militaire cessait à Saint-Sébastien.


NOS CURÉS

      Saint-Sébastien n'a aucune prétention à se produire au grand jour de la célébrité; son unique aspiration jusqu'ici n'a été que de remplir le rôle réparti par la Providence à toute institution humaine: assurer dans la mesure du possible le bonheur de ceux qui vivent à l'ombre du clocher.
      Et de rnême que les arbres qui croissent sur le bord des rivières deviennent forts et vigoureux, en plongeant leurs racines dans un sol abondamment imbibé par les eaux, ainsi le faible rameau détaché de l'arbre encore jeune mais solide de Saint-Vital de Lambton, planté dans sol fertile et arrosé par d'habiles jardiniers, a-t-il grandi en puissance et produit d'heureux fruits de salut.
      Les jardiniers dont les mains délicates et laborieuse ont contribué à cette culture, ce sont les prêtres qui, depuis soixante-quinze ans, ont apporté leurs soins et leurs soucis au bien-être spirituel et temporel de la paroisse.
      Il se fait tard pour parler de nos curés; mais nous avons voulu d'abord parler de leurs oeuvres car, c'est par ce qu'ils ont fait qu'on peut dire ce qu'ils sont eux-mêmes. Nous devons un hommage enthousiaste d'abord aux curés Godbout et Hallé de Lambton, qui, durant douze ans, vinrent chaque mois fortifier le courage des premiers colons et leur apporter les secours et les consolations de notre sainte religion.
      Tous les curés de Saint-Sébastien, chacun dans sa sphère d'action, ont travaillé à cette oeuvre remarquable et difficile: Monsieur le Curé Charles Hallé lui a donné sa formation matérielle en présidant à ses débuts et M. Samuel Garon, affermissant sa situation financière et agricole, a préparé les voies à la construction de l'église; M. Ernest Nadeau a mené cette entreprise à bonne fin et M. Prosper-M. Meunier a travaillé dans le calme de ses vingt années de ministère, à l'ornementation de ce beau temple élevé à la gloire de Dieu.
      M. J.-A. Poulin continua l'oeuvre de son prédécesseur et pendant les 28 années de son séjour à Saint-Sébastien, sa charité insurpassable et son dévouement s'ancraient vivaces dans le coeur de ses paroissiens. M. W.-E. Laplante sait prolonger cette noble lignée de Bons Pasteurs et ses oeuvres de restauration sont déjà dignes de tout éloge. Saint-Sébastien n'a donc qu'à se louer d'avoir eu pour curés des hommes dévoués, désintéressés et plein de zèle, des hommes de Dieu enfin, donnant partout toujours le bon exemple, reproduisant fidèlement en eux les traits de Jésus-Christ, dont ils ont été les ambassadeurs.
 
 
 

MISSIONNAIRES

(1857-1869)

Le curé Narcisse Godbout, de Saint-Vital de Lambton, organise la mission et donne la messe la première fois le 20 janvier 1857, en la fête de Saint-Sébastien; il continua pendant six ans à donner la messe une fois par mois sur semaine.
      M. Louis-Barthélemi Hallé, curé de Saint-Vital de Lambton, continua le même ministère de 1863 à 1867; au mois d'août 1867, il commença à donner la messe le dimanche, une fois par mois. Frère de celui qui sera notre premier curé, M. Barthélemi Hallé déploya un zèle digne de tout éloge pour cette portion de son troupeau; durant la construction du presbytère et des dépendances, il contribua de ses modestes deniers à aider les colons et même il se trouva heureux de faire don à plusieurs d'entre eux, plus pauvres, des dîmes et suppléments qui lui étaient dûs.
Premier Curé.

M. L'ABBE CHARLES HALLE
(1869-1876)

      Les sacrifices des missionnaires qui avaient desservi Saint-Sébastien devaient porter leurs fruits. A l'arrivée de M. Charles Hallé, frère de M. Louis-Barthélemi Hallé, de Lambton, Saint-Sébastien, depuis douze ans poste de mission recevait enfin son premier curé.
      L'abbé Charles Hallé est né à Saint-Roch de Québec, le 10 septembre 1839, d'Etienne Hallé et de Marie Côté. Après avoir fait son cours classique et théologique au Séminaire de Québec, il fut ordonné le 28 janvier 1866. Nous le voyons ensuite vicaire à Saint-François de Beauce (1866-1868), à Saint-Roch de Québec (1868-1869); curé de Saint-Sébastien de Beauce (1869-1876), de Saint-Pierre, I.O. (1876-1913); en 1913, il donna sa démission, et se retira à l'Hospice de Lévis où il a passé dans le silence et la prière les dernières années de sa vie. Il est décédé le mercredi, 26 avril 1922, à l'âge de 82 ans et 7 mois; il était un des doyens du diocèse de Québec.
      Ses funérailles ont eu lieu à Saint-Pierre, I.O. où ses restes furent inhumés au pied de la croix placée dans le centre du cimetière de Saint-Pierre. (1)
(1) Semaine religieuse de Québec, 4mai 1922, p. 568

      M. Hallé arriva dans notre paroisse avec toute l'ardeur, toute l'opiniâtreté courageuse de l'apôtre qui voit des âmes à sauver dans ces colons acharnés à défricher leurs terres. Que de fois nos ancêtres, excédés de peines et de revers, auraient fléchi sous la tâche immense, si l'homme de Dieu et de prières, plus fort que toutes les adversités, n'eut soutenu leur coeur! Ceux qui ont connu Monsieur Hallé disent qu'il fut toujours un modèle de piété et de vertus. D'un commerce facile et agréable, zélé pour le salut des âmes, ce prêtre a laissé partout où la Providence l'a conduit, la bonne odeur de ses vertus et l'exemple d'un fidèle ministre du Christ.
      Le soixante-quinzième anniversaire de sa venue à Saint-Sébastien nous fournit l'occasion de rappeler sa mémoire et son oeuvre, puissions-nous y saisir la grande le leçon de son dévouement et de son zèle.

 

Deuxième Curé,
 
 

M. L'ABBÉ SAMUEL GARON

(1876-l886)

      M. l'Abbé Samuel Garon est né à Saint-Denis de la Bouteillerie, comté de Kamouraska, le 29 décembre 1843, de J.-B. Garon, cultivateur, et de Hortense Rossignol. Il fit ses études au Collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière où il fut ordonné par Mgr J. Langevin, le 16 octobre 1870.
      "Après une année de professorat au Collège de Ste-Anne, il partit pour le Lac Saint-Jean, vaste région ouverte alors à la colonisation et au zèle apostolique du prêtre canadien. Il exerça d'abord le ministère paroissial, comme vicaire à Chicoutimi et comme curé à Chambord. En 1873, on l'invita à être un des premiers ouvriers de l'oeuvre du Séminaire de Chicoutimi. Pour qui connaît l'origine de nos Séminaires et Collèges classiques, il est facile de concevoir la somme de travail fournie par l'abbé Garon. Il fut à la fois directeur, professeur et procureur de l'institution naissante et il en construisit la première aile. C'est dire qu'il y déploya une activité inlassable, multipliant ses veilles et ne connaissant aucun loisir."
      "En 1876, Monseigneur l'Archevêque de Québec l'appelait dans une des paroisses reculées de son diocèse pour travailler à l'oeuvre de la colonisation. Le prêtre colonisateur doit être agriculteur, constructeur, quelquefois médecin, avocat ou notaire, toujours apôtre infatigable. C'est ainsi que tout en étant curé de Saint-Sébastien de Beauce, M. Garon préparait les fondations des paroisses de Saint-Samuel, de Saint-Ludger et de Saint-Hubert de Spalding. Que de démarches n'a-t-il pas faites dans l'intérêt de ses colons qui, pour la plupart, n'avaient pour fortune que leur hache et les quelques épis que le bon Dieu devait faire mûrir à l'automne. Survenait-il de la maladie, la gelée ou tout autre malheur, c'était la misère. Et le bon Curé était toujours là pour secourir l'un, encourager l'autre.
En 1886. il fut nommé curé de Saint-Gilles où il finit l'intérieur de l'église, de la sacristie et du presbytère. Nommé curé de Notre-Dame-des-Anges de Montauban en 1895, il y bâtit l'église, fonda le couvent, acheta un orgue et un carillon de trois cloches".
      En 1917, se sentant malade, il donna sa démission de curé de Notre-Dame-des-Anges, Il continua à demeurer en cette paroisse, où il est décédé le 21 mars 1919. Ses restes reposent dans le cimetière paroissial.
      "Il travaillait à l'organisation matérielle des paroisses avec beaucoup d'habileté et de dévouement, de sorte qu'il pouvait vraiment dire avec l'apôtre saint Paul : "Nous nous préoccupons de ce qui est bien non seulement devant Dieu, mais aussi devant les hommes." (1)

      Mais si grande que fut sa sollicitude pour l'administration du bien temporel des paroisses, elle ne dépassa jamais son zèle pour le salut des âmes. Convaincu que l'instruction religieuse est l'une des sources principales de la vie surnaturelle, il ne négligeait aucune occasion d'instruire son peuple par les catéchismes et les instructions du dimanche. Dans les relations ordinaires de la vie, dans les rencontres familières, il savait par de bonnes paroles
nourrir la foi de ses paroissiens et les encourager au bien. Et ces circonstances se présentaient assez souvent, car M.Garon était compatissant et de bon conseil. Il a entendu le récit de bien des misères et séché bien des larmes. Il ne savait repousser personne, pas même le débiteur insolvable qui venait implorer sa charité ou sa protection. S'il connaissait ses paroissiens, il pouvait dire que ses paroissiens le connaissaient également". (2)
      Il a été donné à monsieur l'abbé Garon de voir ses efforts pour coloniser les cantons voisins d'Aylmer couronnés d'un plein succès. Longtemps avant son décès, trois belles paroisses dont il avait jalonné les limites voyaient arriver leurs premiers pasteurs: M. l'abbé Deschesne, à Saint-Samuel, en 1887, M. l'abbé Soucy, à Saint-Ludger, en 1892 et M. l'abbé Fraser, à Saint-Hubert de Spalding, en 1902.

(1) 11e Épitre aux Corinthiens, chap. VIII, verset 21.

(2) Annuaire, Collège Sainte-Anne de la Pocatière, no. 32, 1918-19, p. 110.
 
 

Troisième Curé,

M. L'ABBÉ LOUIS-ERNEST NADEAU
(1886-1890)

      "Monsieur l'abbé Louis-Félix-Ernest Nadeau est né à la Rivière-du-Loup, le 21 décembre 1850, d'Alexis Nadeau, maître-forgeron, et de Marie Labourière-Lapointe.  Il manifesta de bonne heure un attrait prononcé pour la prière et le culte divin, et sans doute ce fut surtout à cause de ces heureuses dispositions que ses parents le conduisirent au petit Séminaire de Québec. Il y complétait ses études classiques en 1872, et après avoir passé quatre ans au grand Séminaire, le 25 mars 1876, il recevait l'onction sacerdotale des mains de Mgr L.-A. Taschereau, futur cardinal".

      "D'abord pendant six ans vicaire à Saint-Roch de Québec, le jeune abbé Nadeau se mit au service des Acadiens du diocèse d'Antigonish. Il y exerça le ministère de 1882 à 1886, comme curé d'Arichat, où il a construit un presbytère et restauré l'église. Il revint alors au diocèse de Québec, où le Cardinal Taschereau lui confia la cure de Saint-Sébastien de Beauce, en 1886".

      A peine arrive dans notre paroisse, il se mit à l'oeuvre et régla en peu de temps les difficultés pendantes avec une habileté et une activité peu communes. Il ne passa que quatre années à la tête de notre paroisse; l'église qu'il a fait construire reste son oeuvre et elle parle d'elle-même. Il en a conduit les travaux avec la plus sage économie et avec une grande prudence.

      "En 1890, les Autorités du Séminaire vinrent le chercher pour lui confier la classe de Rhétorique. Dès l'année suivante, l'abbé Nadeau allait parfaire ses études théologiques à Rome, et en 1892, l'Université lui confiait la chaire de théologie morale. De 1896 à 1902, il remplit la charge de directeur du Grand Séminaire, et de 1902 à 1908, celle de directeur du Petit Séminaire. Il devint ensuite, jusqu'à la fin de sa vie, le digne, fidèle et aimable bibliothécaire et assistant-archiviste que connut et apprécia toute la génération actuelle d'élèves et de professeur du Séminaire et de l'Université Laval".

      "Monsieur l'abbé Nadeau était une belle figure sacerdotale. Nous pouvons caractériser sa vie par ces deux qualités dont tous ses paroissiens furent les témoins édifiés, la piété et la bonté. Il avait vraiment reçu de Dieu un ensemble bien harmonisé de talents, de vertus et de dons naturels et surnaturels, et il sut les faire valoir dans toutes les charges qui lui furent confiées, mais, partout et toujours ce furent la piété, la bonté qui parurent davantage en lui. Il attirait à Dieu tous ceux qui l'approchaient, par son exemple autant que par ses paroles toujours si édifiantes et si pleines d'onction surnaturelle. Sa piété fut utile non seulement à lui-même, mais à toutes les âmes qui vinrent en contact avec la sienne. Pour former comme une auréole à son front, s'ajoutait à toutes les autres qualités une grande bonté, bonté naturelle, mais baignée dans une atmosphère toute surnaturelle de foi et d'amour". (1)
  (1)Semaine religieuse de Québec, 25 octobre 1934, p. 123.

      M. l'abbé Emile Bégin écrivait de lui, dans La Nouvelle Abeille: "On peut synthétiser d'un mot la vie de M. Nadeau : ce mot c'est la bonté. Oui, la véritable bonté humaine, reflet merveilleux du plus consolant pour nous des attributs de Dieu, la vertu qui se diffuse, rayonnant également sur tous, sans exception de personne. Le regard bleu de l'aimable vieillard perçait toutes les enveloppes, fines ou grossières, laissait le contingent pour aller rejoidre l'âme. Car c'était à l'âme qu'il en voulait. Il savait la prendre, et l'âme prise, il la portait à Dieu. Car c'est pour Dieu toujours qu'il déployait les amusantes ruses dont les plus jeunes raffolaient et qui ont nimbé ses derniers vingt ans d'une sorte de légende" (2),
 (2) La Nouvelle Abeille. Séminaire de Québec, Vol. I, no 29, septembre 1934, p. 309.

      Après plusieurs mois de maladie, Monsieur l'Abbé Nadeau est décedé le lundi, 3 septembre 1934, à l'Hôtel-Dieu du Précieux-Sang de Québec, à l'âge de 83 ans et 8 mois. Ses restes mortels ont été inhumés dans la crypte de la chapelle extérieure du Séminaire de Québec.
 
 

Quatrième Curé,

M. L'ABBÉ PROSPER-MARCEL MEUNIER
(1890-1910)

      "M. l'abbé Prosper-Marcel Meunier est né à Saint- Augustin de Portneuf, le 1er juillet 1852, de Marcel Meunier, cultivateur et de Tharsile Dion. Il fit ses études au Séminaire de Québec et fut ordonné par le Cardinal Taschereau, le 26 novembre 1876. Il fut successivement vicaire aux Grondines (1877), à Saint-Valier (1877-1878), à Sainte-Marie de Beauce (1879-1881). Il fut le premier curé de Saint-Zacharie (1881-1890), où il a bâti une chapelle et un presbytère; il fut en même temps missionnaire à Saint-Prosper de Dorchester, où il a construit également une chapelle et un presbytère". (1)
(1) Semaine religieuse de Québec, 29 octobre 1910, p. 184.

      C'est le 15 août 1890 que M. le Curé Meunier arrivait de Saint-Zacharie pour prendre la direction de notre paroisse. Il était accompagné de quelques-uns de ses anciens paroissiens qui avaient tenu à honneur de lui montrer cette dernière marque d'estime. Les annales de Saint-Sébastien conservent les noms de ces braves colons de Saint-Zacharie: MM. David Allen, père, marguillier en charge, Isidore Giguère, ancien marguillier, Ambroise Champagne, syndic de Saint-Prosper de Watford. David Allen, fils, premier chantre de Saint-Zacharie, et Pierre Gilbert, lesquels tous cinq ont fait gratis ce long voyage de vingt lieux pour transporter des charges du ménage de leur ancien curé.

Le premier dimanche passé à Saint-Sébastien a été celui de la Solennité de l'Assomption de la Très Sainte Vierge (17 août). La fanfare alors si renommée de Saint-Sébastien ne put se faire entendre à cause de l'absence quelques musiciens indispensables. Le curé en fut dédommagé par l'accueil sympathique de ses nouveaux parroisiens. Plusieurs se firent un devoir, en même temps q'un plaisir de venir lui offrir leurs hommages; ce qui ne contribua pas peu à établir entre pasteur et fidèles les relations les plus cordiales.

      Le 25 novembre 1901, les paroissiens voulurent témoigner solennellement leur attachement et leur reconnaissance à leur pasteur, à l'occasion du vingt-cinquième anniversaire de son ordination sacerdotale. Plusieurs citoyens organisèrent une pieuse et touchante démonstration. Ils firent recommander une messe solennelle pour ce joyeux anniversaire. Toute la paroisse y assista et M. Bénoni Paré, maire, présenta au jubilaire une belle adresse; elle était accompagnée d'un riche cadeau: service à thé en argent, portrait du curé et autres présents offerts par des particuliers.
      Cette démonstration sut prouver au jubilaire non seulement la générosité de ses paroissiens mais l'assurer de leur bon coeur et de leur reconnaisance pour le bien qu'il leur avait fait.
      M. le Curé Meunier a administré notre paroisse avec habileté et prudence; il a d'abord terminé l'intérieur de notre église et réparé le presbytère, puis s'est dévoué à toutes les oeuvres religieuses ou civiles de la paroisse : encouragement aux écoles, aide au Cercle agricole dont il avait toujours été le président. Il n'épargnait ni sa santé, ni ses fatigues, il était partout où sa présence était utile. Tant de dévouement altéra sa santé et une cruelle maladie qui le minait sourdement depuis une couple d'années, prit des proportions si alarmantes qu'après consultation des médecins, l'on décida le curé de Saint-Sébastien à aller à Québec pour subir une douloureuse opération.

      Le dimanche, 5 juin 1910, il officia à la grand'messe et présida la procession du Très Saint-Sacrement, ce fut la dernière cérémonie religieuse de sa belle carrière sacerdotale, comme curé de notre paroisse. Bien à regret, dès le lendemain, il prenait la direction de l'hôpital pour aller subir cette intervention chirurgicale qui devait hélas quelques mois plus tard le conduire au tombeau. Le desservant, qui devait lui succéder comme curé, se faisait un devoir de transmettre aux fidèles de Saint-Sébastien des nouvelles au sujet de la santé de leur pasteur; elles devenaient de moins en moins bonnes et finirent par enlever tout espoir de guérison.
      Réalisant la gravité de son état, le distingué malade exprima le désir d'être ramené dans sa paroisse; les médecins le lui permirent en recommandant une grande prudence. Le train qui le ramenait arrêta au chemin du village où on le descendit sur son lit qui fut ensuite placé sur une voiture; celle-ci fut tirée par un groupe d'hommes qui se considéraient privilégiés de rendre ce service à leur curé. La scène était vraiment impressionnante.
      En arrivant au presbytère, il demanda à être transporté dans l'église pour remercier Dieu d'être revenu dans sa chère paroisse. Le docteur Doyon, médecin à Saint-Sébastien, prit à sa charge de continuer les traitements nécessités par la maladie et se rendit bientôt à l'évidence que tout remède était inutile contre le mal qui l'entraînait lentement au tombeau. Notre jeune médecin, le docteur Doyon, exerça auprès de son pasteur un dévouement digne de mention.
      Pendant les mois qui suivirent jusqu'aux tous derniers jours de sa vie, le vénérable malade put recevoir la sainte Communion, et le mercredi, 19 octobre, vers 2 heures de l'après-midi, il s'éteignait doucement.
      Les funérailles eurent lieu samedi le 22, en notre église paroissiale drapée d'une nouvelle parure de deuil
et en présence de vingt-cinq prêtres et d'une foule si considérable que notre temple ne la pouvait contenir.
      M. l'Abbé D.-A. Jobin, curé de Saint-Epiphane, cousin germain du défunt, officiait au service. MM. les Abbés J.-B. Rochette, curé de Saint-Benjamin, autre cousin du défunt et Philémon Cloutier, vicaire à Jacques-Cartier assistaient à l'autel comme diacre et sous-diacre.
      Pendant le service, le célébrant adressa quelques paroles à la foule des fidèles pour leur rappeler la charité et le zèle de leur pasteur et leur demanda de prier lui. C'est un devoir de reconnaissance, leur dit-il, de prier pour le repos de son âme; et il les engagea à mettre en pratique ses précieux enseignements.
      Les restes mortels du regretté défunt furent inhumés dans la crypte de l'église paroissiale, du côté de l'Évangile.
      Ce même jour, on lisait dans l'Action Sociale Catholique de Québec:
"Voici le bel éloge que faisait de lui, au lendemain de sa mort, un de ses confrères dans le saint ministère:
      Ce fut lui qui présida à l'établissement de Saint-Zacharie; et le mérite n'en fut pas ordinaire. La nouvelle
paroisse, improvisée pour ainsi dire, à l'instigation du Rév. Père Lacasse, n'avait encore aucune organisation. Il y avait à peine quelques colons qui y résidaient depuis un an. Le nouveau curé arrivait dans la forêt avec les colons.
      M. Meunier fut à la hauteur des circonstances. Son courage et son dévouement ne se lassèrent pas, et l'on vit sa petite paroisse s'organiser, prospérer, se développer, au point qu'il fallut bientôt créer, d'une partie de son territoire, la mission de Saint-Prosper, qui, aujourd'hui, est devenue une belle paroisse, l'émule de Saint-Zacharie.
      À Saint-Sébastien, M. Meunier a donné vingt ans de dévouement et d'édification. Son zèle ardent, sa grande piété, ont marqué sa paroisse d'une empreinte profonde. Vénéré et aimé comme un père, il vivra longtemps dans le souvenir de ses paroissiens.
      Tous ceux de ses confrères qui l'ont connu ont pu apprécier l'affabilité de son accueil, son aimable bonhomie, ses réparties pleines d'originalité. C'était un patriote absolument réfractaire à l'anglicisation. Peut-on ne l'être pas quand on a du coeur?
      Il a dignement conquis le repos éternel et la récompense promise, ce vaillant, qui a réalisé du bon prêtre, du véritable homme de Dieu, et sa mémoire vivra dans le coeur de ceux qui l'ont connu. "In memoria aeterna erit justus".
 
 

Cinquième Curé,

M. L'ABBÉ JOS.-AMÉDÉE POULIN
(1910-1938)

      M. l'abbé Joseph-Amédée Poulin est né à Saint-Joseph de Beauce, le 14 mars 1871, de Georges Poulin,
charretier, et de Célina Lambert. Il fit ses études au collège de Lévis et à Québee où il fut ordonné prêtre par Mgr Bégin, le 23 mai 1897. Professeur au collège de Lévis, de 1897 à 1910, il fut nommé desservant de notre paroisse en juillet 1910, durant la maladie du curé Meunier; il le remplaça comme curé après son décès, au mois d'octobre de la même année.
      Le trait caractéristique de M. le Curé Poulin était sa très grande charité. Les travaux qu'il accomplit durant ses vingt-huit années de ministère à Saint-Sébastien furent nombreux; mais son oeuvre primordiale fut l'essor qu'il imprima à la vie paroissiale. Les faits saillants du règne du Curé Poulin ont trait à l'érection du cimetière en 1913, à la fondation du couvent en 1914 et en 1916, à l'arrivée des RR. Soeurs du Perpétuel Secours qui vinrent prendre en mains l'instruction des enfants du village.
      Son jubilé d'argent sacerdotal en mai 1922 fut célébré simplement selon son désir; les élèves du couvent et de nombreux paroissiens tinrent à signaler cet anniversaire en assistant à une messe d'actions de gâces célébrée par le jubilaire. Une réception dans la salle du couvent fournit aux élèves l'occasion d'exprimer les hommages sincères à ce dévoué pasteur. au nom de toute la paroisse qui le vénérait et qui lui devait tant de reconnaissance.
      Ce fut également pendant les années de son pastorat que les carrières de granit se développant, toute une classe de tailleurs de pierre et d'ouvriers de différents métiers vit le jour dans la paroisse. On vit bientôt en 1931, se fonder un Syndicat Catholique des Ouvriers des carrières; les précieux services qu'il a rendus à la classe ouvrière sont connus de tous.
      La même année 1931, à cause de l'augmentation de la population et des besoins du ministère, l'Autorité diocésaine accordait au curé de Saint-Sébastien un vicaire paroissial. M. l'abbé Joseph Campagna était le premier
tulaire à ce poste.
      Un changement de pasteur fait toujours époque dans la vie des paroissiens; le curé n'est-il pas comme le centre autour duquel toute la vie paroissiale évolue. N'est-il pas le pasteur qui imprime le mouvement religieux et même profane aux citoyens qui vivent dans le territoire paroissial, l'âme de chaque paroissien ne communie-t-elle pas pour ainsi dire à celle du curé de qui tous reçoivent instructions, avis, conseils et exemples.
      Il est facile d'imaginer l'emprise, l'influence heureuse d'un pasteur qui a présidé pendant 28 années aux destinées d'une paroisse, et l'on comprend quelle commotion provoque dans la paroisse la disparition soudaine d'un père spirituel qui a habitué ses enfants à tant de bontés journalières.
      Monsieur le Curé Poulin dont la santé était chancelante depuis quelques années fut obligé en mars 1938, d'entrer à l'hôpital de la Clinique Rousseau. Sur l'avis des médecins, Monsieur Poulin remit sa démission comme curé de Saint-Sébastien à Son Eminence le Cardinal Villeneuve à la fin du mois d'avril 1938. Il vit maintenant retiré de tout ministère actif à l'hôpital Saint-Dominique, à Sillery, où il continue dans la prière et les sacrifices l'immolation d'une carrière toute en Dieu et pour Dieu. Monsieur Poulin laissa dans la paroisse la réputation d'un pasteur zélé au plus haut point, éclairé et charitable à l'excès. Les paroissiens de Saint-Sébastien conservent pieusement son souvenir et l'héritage des vertus qu'il leur a enseignées au cours de ses vingt-huit années de ministère parmi eux.
 
 

Sixième Curé,

M. L'ABBE WILFRID-EMILE LAPLANTE

(Depuis 1938)

      L'abbé Wilfrid-Emile Laplante est né à Saint-Désiré du Lac Noir, comté de Mégantic, le 3 novembre 1892, de Damase Laplante, commerçant, et d'Eugénie Gagné; il fit ses études classiques au Collège de Lévis et sa théologie au Grand Séminaire de Québec où il fut ordonné par S. E. Mgr Paul-Eugène Roy, auxiliaire de Québec, le 25 mai 1918.
      Il fut successivement professeur au Collège de Lévis (1918-1919); vicaire à Saint-Alphonse de Thetford-les-mines (1919-1925); missionnaire pour L'Action Catholique(1925-1927); vicaire à Saint-Alban de Portneuf (1927); à Montmagny (1927-1928); séjour à Rome (1928-1929) vicaire aux Saints-Martyrs Canadiens à Québec (1929); curé de Saint-Fabien de Panet (1929-1938). C'est au début de mai 1938 que M. l'abbé W.-E. Laplante arrivait à Saint-Sébastien comme desservant. Il eut à vivre des heures d'angoisses quelques jours à peine après son arrivée quand, le 17 mai, un pénible incendie détruisit 7 maisons du village.
      Au début de juin, il était nommé curé et le 9 du même mois, Mgr Omer Plante, auxiliaire de Québec, présidait à l'installation du nouveau curé, à l'occasion de sa visite pastorale.
      Compétent et très prudent en affaires, il a mené bien l'oeuvre de la restauration de l'église qui fait l'admiration de tous, et du presbytère devenu une demeure plus digne de la belle paroisse de Saint-Sébastien.
      Les paroissiens tinrent à exprimer à leur dévoué pasteur leurs sentiments de vénération en organisant de grandioses fêtes à l'occasion de son jubilé d'argent sacerdotal. C'est le 20 juin 1943, qu'eut lieu cette fête de famille; elle réunit toute la paroisse pour une messe solennelle d'actions de grâces chantée par le jubilaire; toute la journée se passa dans l'allégresse pour la famille paroissiale de Saint-Sébastien. Que la divine Providence daigne le conserver encore longtemps à la direction spirituelle et morale et à l'affection de tous ses paroissiens.

VICAIRES:

      À date, notre paroisse a connu six vicaires, tous auxiliaires fidèles et des plus précieux de Monsieur le Curé.

Ce sont MM. les Abbés:

Joseph Campagna: septembre 1931 à décembre 1935,

Lorenzo Lamontagne: Janvier 1936 à décembre 1937,

Alphonse-M. Allen: décembre 1937 à mars 1939,

Ls-Ph. Corriveau: mars 1939 à septembre 1940,

Antoine Gilbert: juin 1941 à août 1943,

Patrice Roy: depuis septembre 1943.

Les paroissiens de Saint-Sébastien ont ainsi 1'avantage de posséder régulièrement deux prêtres toujours prêts à se dépenser pour eux.
      Notre paroisse doit une profonde reconnaissance à Mgr l'Archevêque de Québec pour ce bienfait d'avoir, puis l'origine de la paroisse en 1869, donné six prêtres dévoués et prudents pour desservir spirituellement sa population, sans compter les vicaires qui, depuis 1931, ont prêté leur concours dans l'accomplissement du saint ministère.
      En retour du précieux bienfait de ces envoyés de Dieu, Saint-Sébastien n'a encore donné au diocèse aucune vocation sacerdotale. Souhaitons que pour l'honneur et la bénédiction de la paroisse, se lèvent bientôt plusieurs jeunes gens au coeur apostolique pour aller grandir les rangs du clergé diocésain trop peu nombreux, et ainsi solder une dette sacrée de la paroisse.
 


RELIGIEUX NÉS À SAINT-SÉBASTIEN
I - COMMUNAUTÉS D'HOMMES
Clercs de Saint-Viateur
RICHARD, Frère Joseph-Alpbonse. Fils de Amédée Richard et de Marie Parent. Auteur de la présente monographie.  Entré en religion en 1928.
Congrégation du Très Saint-Sacrement
BLOUIN, Charles-Aimé, (Frère Sébastien) -  Fils d'Antoine Blouin et de Célina Morin. Décédé novice en 1901.

PARADIS, Lucius, (Frère Xavier). -  Fils de Xavier Paradis et de Sara Morin. Entré en religion on 1902; décédé en 1924.

Frères des Éco1es Chrétiennes

(District de Montréal)

COTÉ, Cyrille, (Frère M.-Cyrille). -  Fils de Cyrille Côté et de Léa Saint-Pierre. Entré en religion en 1909.

LAPIERRE, Gabriel (Frère M.-Jules). - Fils de Honoré Lapierre et de Amélia Goulet. Entré en religion en 1934.

LAPlERRE, Gérard (Frère M.-Honoré).- Fils de Honoré Lapierre et de Amélia Goulet. Entré en religion en 1932.

PROTEAU, Philippe (Frère Marc-Philippe). Fils d'Apollinaire Proteau et de Joséphine Roy. Entré en religion en 1935.

(District de Québec)
G0SSELIN, Alphonse (Frère Irénée). - Fils de Jean Gosselin et de Amanda Roberge. Entré en religion en 1917.

HALLÉ, Bertrand  (Frère Régis).- Fils de Philippe Hallé et de Emma Bernier. Entré en religion en 1940.

Frères de la Charité

TALBOT, Adélard (Frère Eymard).- Fils de Josaphat Talbot et de Rose-Anna Lapierre. Entré en religion en 1943.

Frères de Saint-Gabriel
LEMIEUX, Edmond (Frère Elphège). Fils de Hospice Lemieux et de Mathilde Roberge. Entré en religion en 1896.
II - COMMUNAUTÉS DE FEMMES:
Congrégation de Notre-Dame
COTE, Marie (Soeur Côté). - Fille de Pierre Côté et de Mathilde Bolduc. Entrée en religion en 1895.

LACROIX, Alma (Soeur Rosa). - Fille de Alfred Lacroix et de Anna Carrier. Entrée en religion en 1922.

Soeurs Grises de Montréal
GOSSELIN, Elmina (Soeur Elmina Roberge). Fille de Jean Gosselin et de Amanda Roberge. Entrée en religion en 1905.
GOSSELIN, Lucille (Soeur Lucille Gosselin). - Fille de Ovide Gosselin et de Maria Audet. Entrée en religion en 1943.

GOSSELIN, Madeleine (Soeur Madeleine Gosselin). -Fille de Ovide Gosselin et de Maria Audet. Entrée en religion en 1939.
 
 

Soeurs Grises de Saint-Hyacintbe
MORIN, Rose-Aimée (Soeur Morin). - Fille de Cyrille Morin et de Albertine Boldue. Entrée en religion en 1940.

PARADIS, Evangéline (Soeur Paradis). - Fille de Damase Paradis et de Rosalie Blouin. Entrée en religion en 1924.

Soeurs Grises de la Charité de Québec
BLOUIN, Aline (Soeur Sainte-Théodosie). - Fille de Antoine Blouin et de Célina Morin. Entrée en religien en 1904; décédée en 1920.

DORVAL, Augustine (Soeur Saint-Marcellus). - Fille de Hector Dorval et de Zoé Bolduc. Entrée en religion en 1916.

DORVAL, Lucienne (Soeur Sainte-Aimée). - Fille de Hector Dorval et de Zoé Bolduc. Entrée en religion en 1927.

FILION, Clara-Rosanna (Soeur Sainte-Olga). - Fille de Anthime Filion et de Marguerite Robert. Entrée en religion en 1905; décédée en 1923.

GARON, Antoinette (Soeur Saint-Grégoire). - Fille de Télesphore Garon et de Célina Bouchard. Entrée en religion en 1911.

LAPIERRE, Désanges (Soeur Saint-Nicée). - Fille de Dominique Lapierre et de Philomène Samson. Entrée en religion en 1901; décédée en 1916.

PARADIS, Elise (Soeur Marie du Calvaire). - Fille de Albert Paradis et de Eugénie Lepage. Entrée en religion en 1913.


Soeurs de la Présentation de Marie

PARADIS, Yvonne (Soeur Saint-Xavier). Fille de Xavier Paradis et de Sara Morin. Entrée en religion en 1920.
Servantes du Saint-Coeur-de-Marie
AUDET, Anna (Soeur Saint-Esdras). - Fille de Esdras Audet et de Vitaline Lemieux. Entrée en religion en 1918; décédée en 1918.
Petites Soeurs de la Sainte-Famille
LAPIERRE, Thérèse (Soeur Saint-Apollinaire). - Fille de Apollinaire Lapierre et de Marie Breton. Entrée en 1942.

LEMIEUX. Rose-Hélène (Soeur Saint-Marius). - Fille de Alyre Lemieux et de Adèle Goulet. Entrée en religion en 1943.

Soeurs de la Charité de Saint-Louis
TANGUAY, Eva (Soeur Marie-Raphaëla). - Fille de Charles Tanguay et de Euphémie Filion. - Entrée en religion en 1930.

Filles de la Charité du Sacré-Coeur-de-Jésus

RICHARD, Marie-Oliva (Soeur Bernadette de Marie). -Fille de Amédée Richard et de Marie Proteau. Entrée en religion en 1916; décédée en France le 29 mars 1943.

Société de Marie Réparatrice
LACOMBE, Bernadette (Soeur Saint-Gabriel Lallemant) - Fille de Joseph Lacombe et de Emma Godbout. Entrée en religion en 1925; actuellement au Caire, en Egypte.
Soeurs de Notre-Dame-du-Perpétue1-Secours

LACROIX, Lucie-Anna (Soeur Sainte-Espérance). - Fille de Amédée Lacroix et de Odile Côté. Entrée en religion en 1935

LAPIERRE Marie-Ange (Soeur Saint-Honoré). - Fille de Honoré Lapierre et de Amélia Goulet. Entrée en religion en 1926

LAPIERRE, Marie-Blanche-Fabiola (Soeur Marie-Emilia).- Fille de Honoré Lapierre et Amélia Goulet. Entrée en religion en 1927.

LAPIERRE, Marie-Louise (Soeur Sainte-Angéline) - Fille de Joseph Lapierre et de Séraphine Goulet. Entrée en religion en 1925.

LAPIERRE, Rose-Délima (Soeur Saint-Antoine-de-Padoue) - Fille de Joseph Lapierre et de Obéline Lapierre. Entrée en religion en 1916.  Décédée en 1930.

LEMIEUX, Louiselle (Soeur Sainte-Darie). Fille de Alyre Lemieux et de Adèle Goulet. Entrée en religion en 1942.

POULIN, Aline (Soeur Saint-Edmond).- Fille de Edmond Poulin et de Marie-Albérie Bisson. Entrée en religion en 1931

POULIN, Rita (Soeur Sainte-Rita-des-Anges). - Fille de Edmond Poulin et de Marie-Albérie Bisson. Entrée en religion en 1933.

PROTEAU, Lucienne (Soeur Saint-Sébastien). - Fille de Josaphat Proteau et de Marie-Blanche Godbout. Entrée en religion en 1940.

ROSA, Marie-Rose (Soeur Sainte-Apolline). - Fille de Alphonse Rosa et de Olivine Roy. Entrée en religion en 1930.

ROY, Marie-Annette (Soeur Saint-Pascal de l'Eucharistie).- Fille de Gédéon Roy et de Corrine Lapierre. Entrée en religion en 1938.

THERRlEN, Béatrice (Soeur Marie-Béatrice). - Fille de Josaphat Therrien et de Régina Casavant. Entrée en religion en 1943.

Soeurs Missionnaires de Notre-Dame-des-Anges

ROYER, Germaine (Soeur Sainte-Agathe). Fille Arthur Royer et de Odia Roy. Entrée en religion en 1927; actuellement à Nanning, en Chine.
 

 


PERSONNES ET CHOSES


      M. Louis Paradis. - M. Louis Paradis, Sr, un des pionniers de Saint-Sébastien, chef de toutes les familles Paradis issues de notre paroisse, était venu de Saint-Henri de Lévis, à Lambton avant de s'établir définitivement à Saint-Sébastien. Il a laissé la réputation d'un bon chantre, ayant été maître de chapelle jusqu'à sa mort, à tous les endroits mentionnés successivement. Son fils Louis occupa dans la paroisse toutes les charges administratives que lui avaient conquis ses qualités d'ordre et de justice d'homme d'affaire prudent et éclairé. Un de ses petits-fils, M. le docteur Antonio Paradis, est actuellement maire de Rivière-du-Loup. Deux autres de ses petits-fils sont prêtres, le P. Rosaire Audet, de la Congrégation du Très Saint-Sacrement et le P. Charles-Henri Audet, des Pères de Saint-Vincent-de-Paul. Le P. Roland Audet, frère des précédents, est décédé chez les Pères de Saint-Vincent-de-Paul, en 1940.
 
 

      M. Samuel Baillargeon. - Un des pionniers dont il importe de rappeler la mémoire, est M. Samuel Baillargeon. Mort en 1885, à l'âge de 52 ans, il avait passé les trente dernières années de sa vie à Saint-Sébastien. Il vint s'installer ici en 1856, sur le lot 24 du 4e rang. Pendant deux ans, seul avec son épouse, Angèle Bureau, il resta sur son lot, préparant de pied ferme l'honnête aisance dans laquelle il se trouva bientot. Citoyen estimé, il se vit confier plusieurs postes importants dans les affaires de la Fabrique et du Conseil Municipal. À sa mort, tous les paroissiens le regrettèrent et portèrent à sa veuve et à ses douze enfants les témoignages sincères de leur profonde sympathie.
 

      Famille Marceau. - Il convient de rappeler ici le souvenir de la famille de M. Auguste Marceau qui a vécu plusieurs années en notre paroisse et fut avantageusement connu de toutes nos familles actuelles. Parmi ses nombreux enfants on compte le Révérend Père Robert Marceau né Louis-Denis, Franciscain, ordonné prêtre le 24 juin 1934, actuellement à Québec et les révérendes Soeurs Agnès-Marie (Anna), Marie-Odette (Cécile) et Sainte Cécile-Thérèse (Annette) des Soeurs de la Charité de Saint-Louis.
 
 

      M. Edouard Dallaire. - Les premiers pionniers de Saint-Sébastien ne manquaient pas sûrement d'esprit d'initiative ni d'ingéniosité. Ainsi, vers 1870, M. Edouard Dallaire alla à Ottawa avec le député, M. Linière Taschereau, frère du cardinal, afin d'obtenir des lettres patentes attestant qu'il était l'inventeur d'une tarière mécanique, pouvant percer des billes de sapin d'une longueur de quinze pieds. Avec ces billes ainsi percées et aboutées l'une à l'autre, il amenait l'eau des sources à la résidence des colons. Cette invention, prélude de nos aqueducs modernes, fut bientôt en vogue en plusieurs endroits, notamment aux Trois-Pistoles, à Matane, à Sainte-Emélie de Lotbinière, à Saint-Georges de Beauce, à Saint-Ephrern, etc.  À ces endroits, le système du "Charroyeur d'eau" qui remplissait les barils de chaque résidence, disparut à jamais. M. Dallaire mourut en 1912, à l'âge de 77 ans; il fut inhumé en notre cimetière paroissial.
 

      Familles éprouvées. - Les débuts de la vie des premiers colons ne furent pas que des occasions de grands travaux; ce fut aussi pour plusieurs, et en particulier pour la famille d'Etienne Côté, une suite d'épreuves et de peine où la foi seule eut raison de tout.
      Au début de 1859, Etienne Côté, blessé dans un accident de travail, perdait un pied et devenait infirme pour la vie. L'été suivant, son fils aîné, blessé lui aussi au travail, fut immobilisé sur un lit de souffrances pendant près de trois mois. Pendant ce temps d'inaction forcée, la charité des voisins vint porter secours à ces colons éprouvés. Le 6 janvier 1860, un incendie rasa la maison de M. Augustin Mercier, gendre d'Etienne Côté; celui-ci, quoique infirme, recueillit les sinistrés dans sa maison. Une corvée, organisée par M. Louis Paradis, permit à la famille Mercier d'occuper leur nouveau logis dès le 30 du même mois. Enfin, en septembre suivant, Madame Augustin Mercier, fille d'Etienne Côté, mourait presque subitement, laissant une famille de six enfants en bas âge. Devant cette série de malheurs, les paroissiens n'ont gardé souvenir que de l'admirable résignation de MM. Côté et Mercier.

      La famille Paradis connut, elle aussi ses épreuves. Le décès de Mesdames Louis Paradis Sr et Jr, survenu à trois mois d'intervalle en 1874, désorganisa deux foyers, où restaient chez le plus jeune, huit enfants dont l'aîné avait douze ans. M. Xavier Paradis, frère de Louis Jr, et sa femme prirent soin de leurs neveux et nièces jusqu'au jour - le 19 janvier 1875 - où par un nouveau mariage, M. Louis Jr donna une nouvelle maman à ses enfants, dans la personne d'une demoiselle Saint-Pierre.

      Médecins- Le premier disciple d'Esculape à venir s'établir à Saint-Sébastien fur le docteur Edmond D'Amour, venu de Rimouski en 1889. Après à peine un an de séjour, le docteur D'Amour quitta la paroisse. En 1898, on retrouve à Saint-Sébastien le docteur Josué Pineault venu également de Rimouski. Parti en 1903, le docteur Pineault est décédé à Rimouski en 1943 à l'âge de 72 ans.
      De 1903 à 1908, la paroisse reçut les soins professionnels du docteur Horace Pelletier. Sans médecin résident pendant deux ans, la paroisse recevait on 1910, le docteur J.-Napoléon Doyon, qui fut le médecin de toutes les familles pendant plus de 25 ans. Le docteur Doyon continue de vivre à Saint-Sébastion au milieu de la population qu'il aima et qui fut témoin de son dévouement et de sa charité.
      En 1936, arriva le docteur Alphée Chabot; depuis 1938, ce médecin fait partie du Service Provincial d'Hygiène. Le dernier médecin à venir résider parmi nous fut le docteur A. Paquet qui vint rester quelques mois en 1938.
 
 
       Famille Therrien - Rappeler ici le nom des Therrien, c'est évoquer dans presque toutes les familles les services signalés rendus par ces "vétérinaires" d'expérience sinon de profession. Avantageusement connue à Saint-Sébastien et dans les environs, la famille Therrien se transmettait de père en fils les petits secrets d'un art particulier où la médecine et l'habileté contribuaient au bien-être des troupeaux et au bon rendement des bêtes de la ferme.
     
Arrivé de Saint-Charles de Bellechasse, M. Joseph Therrien s'installait parmi nous avec sa famille de dix enfants en 1855. Son fils, Philias, s'initia au "métier" son père et le remplaça à sa mort, en 1885.
 
       Doyens. - Depuis la mort de Dame Sara Blouin, veuve de Vital Godbout, survenue le 26 janvier 1941, M. Nazaire Rosa est le doyen d'âge de la paroisse; il aura 88 ans le 26 juillet 1944.
      Des familles des deux frères Ignace et Barthélemi Royer, premiers colons de Saint-Sébastien, il ne reste plus qu'une survivante de la famille d'Ignace, Madame Pierre Therrien, née Priscile Royer, qui porte vénérablement ses 91 ans révolus. Elle habite Saint-Samuel. La dernière survivante de la famille de Barthélemi, Madame Alphonse Gosselin, est décédée le 24
décembre 1943, à l'âge de 77 ans et 9 mois.
 
       Maisons. - De 1852 à 1886, le site actuel du village de Saint-Sébastien ne comprenait qu'une maison, sise dans la partie nord. Le premier emplacement du village ayant été acheté en 1865, par M. Edouard Dallaire, la seconde maison y fut construite l'année suivante.
     
Depuis cette date, ce noyau a grossi dans des proportions lentes mais presque normales, surtout si l'on tient compte de la position stable de la population agricole.
 
      Magasin. - En 1880, M. Télesphore Garon, père du maire actuel du village, M. Roméo Garon, ouvrit le premier magasin général de la paroisse, dans la maison occupée aujourd'hui par M. Alphonse Blouin. Vers 1893, le magasin se transporta à l'endroit où se trouve maintenant la maison T. Garon & Cie; un petit-fils de M. Garon, M. Jean-Marie Paradis continue aujourd'hui le commerce familial.
      En 1885, M. Elie Paradis se porta acquéreur d'un petit magasin ouvert quelque temps auparavant par M. Anaclet Boutin. Sa fille, mariée plus tard à M. J.-L. Jacob reçut le magasin en héritage et la famille Jacob continua le commerce jusqu'en 1937. A cette date, M. Jos Dancôse, marié à une fille adoptive de M. J.-L Jacob, loua le magasin et continue encore à tenir ce commerce.
      En 1892, arriva dans la paroisse M. Jos. Lacombe qui ouvrit un magasin dans une maison de M. Edouard Dallaire. Ce commerce fut laissé vers 1930.
 

      Exposition agricole. -  La première exposition agruicole organisée dans nos cantons eut lieu à Saint-Sébastien en 1882. Il y en eut une autre en 1885 et en 1881 presque tous les ans dans la suite. Organisées par la Société d'Agriculture, ces expositions eurent toujours un franc succès: des prix distribués aux concurrents stimulaient l'émulation et attiraient les étrangers. Le programme récréatif savait tirer parti des ressources qu'offrait le large répertoire musical de la fanfare paroissiale.
 
 
      Epidémies. - En 1897, une épidémie de fièvre faucha en six mois plus d'une dizaine d'adultes de la paroisse. En 1918, la trop célèbre grippe espagnole laissa aussi parmi nous des souvenirs dont se rappellent encore les générations actuelles.
 
      Incendies. - A différentes époques, des incendies vinrent causer des dommages aux propriétés des habitants du village et de la campagne. Tantôt perte totale, tantôt perte partielle. Ainsi, l'on a vu, dès 1860, l'incendie raser l'habitation de M. Augustin Mercier; plus près de nous, l'incendie du magasin de M. Télesphore Garon; mais jamais on n'eut de plus grand désastre qu'en 1938, alors qu'un incendie d'une maison du village faillit tourner en véritable conflagration; même l'église et le presbytère furent à certains moments de ce désastre en menace de brûler; le secours des brigades d'incendie de Lambton et de Lac Mégantic ne contribuèrent pas peu à sauver le village. Sept maisons furent rasées, laissant onze familles sans abri.
 

      Retraites paroissiales. - Des différentes retraites paroissiales prêchées à Saint-Sébastien, les paroissiens ont gardé un vif souvenir de celle prêchée en 1898, par les Pères St-Pierre et Fiset, rédemptoristes. Les exercices de cette retraite s'étaient terminés par la bénédiction des enfants, spectacle jamais vu encore parmi nous.
      En 1899, deux Pères Jésuites organisèrent, à l'occasion de la retraite, la Ligue du Sacré-Coeur pour les hommes et les jeunes gens, la Congrégation des Dames de Sainte-Anne pour les femmes mariées et celle des Enfants de Marie pour les jeunes filles.
     
En 1906, le Père Leclerc, rédemptoriste, établit dans la paroisse la Société de Tempérance.
     
En 1911, au mois de juillet, deux prêtres séculiers donnèrent les exercices de la retraite. L'éloquence de ces deux prédicateurs toucha profondément les âmes et toute la paroisse en ressentit les plus grands bienfaits spirituels. Ces deux prêtres sont dans la suite devenus évêques: l'un, l'abbé Joseph Hallé, directeur des élèves du Collège Lévis, est mort Vicaire-Apastolique de l'Ontario-Nord, en 1938, l'autre, M. l'abbé Alfred Langlois, professeur de théologie au Grand Séminaire de Québec, est actuellement évêque de Valleyfield.
     
En 1915, le Père Albéric, capucin, vint établir dans la paroisse le Tiers-Ordre de Saint-François. La premiere réception des membres dans la Fraternité paroissiale eut lieu le 27 septembre. 57 hommes et 114 femmes furent admis. Le premier conseil se composait des membres suivants: présidente: Madame Joseph Dorval; vice-présidente: Madame François Royer; maitresse des novices: Mlle Louise Fortier; secrétaire-trésorière: Madame Damase Fillion; assistante-secrétaire: Mlle Lumina Mercier; infirmières: Mlles Alvina Lapierre, Georgianna Côté et Madame Napoléon Paradis; conseillères: Mesdames J.-L. Jacob, Arcadius-X. Paradis et Mlle Corrine Dumas; infirmiers: MM. J.-L. Jacob, Joseph Lacombe et Joseph Paradis; conseillers: MM. Esdras Audet, Joseph Lapierre et Joseph Dorval.
     
En 1931, M. le curé Poulin rétablit la Congrégation des Enfants de Marie et l'année suivante la Ligue du Sacré -Coeur toutes deux désorganisées et tombées dans l'oubli depuis plusieurs années.

      Drapeau du Sacré-Coeur. - Le ler juin 1932, Son Excellence Mgr J.-M. Rodrigue Villeneuve, o.m.i., archevêque de Québec, en visite dans la partie ouest du comté de Beauce, s'arrêta à Saint-Sébastien pour y bénir un drapeau du Sacré-Coeur, récemment acheté par les Ligueeurs du Sacré-Coeur de la paroisse. MM. les  abbés Évariste Boucher, curé de Saint-Samuel, Gédéon Julien, curé de Lambton, Thomas Ennis, curé de Dorset, Jos Turgeon vicaire à Lambton, Jos. Campagna, vicaire à Saint-Sébastien et Paul Bernier, secrétaire de son Excellence, assistaient à la cérémonie en présence des ligueurs et d'un grand nombre de fidèles.

      Salle paroissiale. -  En 1924, un médecin retiré à Saint-Sébastien, voulant intéresser les jeunes, fit jouer des pièces de théâtre dont les recettes devaient servir à la construction d'une salle paroissiale. Après plusieurs soirées dramatiques où les jeunes s'étaient intéressés à qui mieux mieux, il fut décidé d'acheter un emplacement de M. Arcadius-X. Paradis, situé dans le village, et d'y bâtir une salle devant servir pour fins d'utilité publique.
     
La construction se fit à l'automne de 1926; mesurant 75 pieds par 36, cette salle a rendu depuis des services signalés à toutes les organisations paroissiales, municipales et même politiques. Encore aujourd'hui, les conseils municipaux et scolaires y tiennent leurs assemblées régulières dans une petite salle de 35 pieds par 20, aménagée à cet effet lors de la construction.
     
Un comité d'organisation voit à son bon fonctionnement. Les membres du premier comité étaient: président:
M. J.-C. Pelletier; secrétaire-trésorier: M. Henri Lacombe; directeurs: MM. J.-L. Jacob, Arcadius-X. Paradis, Arthur Blouin, Alph. Blouin et Joseph Bernier.

      Fanfare.-  En 1884, M. Bruno Bernier prit la direction du chant dans la paroisse et fonda la fanfare avec l'aide financier du Département de la Milice.  Au chapitre de la Vie militaire, il a été question de cette fondation. Au nombre de vingt à vingt-cinq, les membres de la fanfare étaient recueillis parmi les notables de la paraisse. Les familles Bernier et Paradis fournissaient la majorité des membres. M. Bruno Bernier a été l'âme de cette institution qui contribua à jeter dans la paroisse une note de gaieté et de fierté. Depuis 1934, la fanfare n'a plus sa vigueur d'antan mais on peut dire qu'elle existe encore.
 
      Bibliothèque paroissiale. -  Fondée vers 1920 par M. le curé Poulin, l'oeuvre de la bibliothèque paroissiale connut ses beaux jours vers 1930. Le fonds contient entre trois et quatre cents volumes et revues reliés. Le dépôt des livres est confié aux Soeurs de Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours.

      Corbillard. -  La voiture-corbillard encore en usage dans la paroisse a été achetée par la Fabrique le 5 août 1900, de M. Thomas Carette, de Sainte-Marie de Beauce, pour la somme de $366.00.
 
      Action Catholique. - Comprenant l'opportunité des directives pontificales et des recommandations épiscopales sur l'Action Catholique, notre paroisse enrôle les jeunes gens et les enfants dans des oeuvres de jeunesse recommandées. Il est à souhaiter que la Croisade eucharistique, par exemple, guide les enfants vers les organisations des jeunes gens et plus tard des adultes, si l'on veut, que d'une échelle à l'autre de la société, l'Action Catholique garde et conserve son apostolique emprise.
 
       Registres. -  Le premier acte des Registres de Saint-Sébastien date du 9 octobre 1869. Il consigne l'inhumation de François-Xavier Côté, enfant d'Etienne, décédé à l'âge de six mois. La premiere sépulture d'adulte fut celle de Dame Malvina Vocelle, 28 ans, épouse de Blaise Tanguay, inhumée le 26 mai 1870. Le premier mariage inscrit dans les registres est celui de Damase Paradis, fils de Louis, avec Mlle Rosalie Blouin, institutrice à Lambton, fille de Charles Blouin de Saint-Sébastien. Le premier baptême de la paroisse eut lieu le 28 novembre 1869; ce fut celui de Charles Baillargeon, fils de Samuel et d'Angèle Bureau; les parrain et marraine furent M. Dorice Bureau et Joséphine Beaudoin.
      Le plus vieux paroissien né et baptisé à Saint-Sébastien est actuellement M. Edouard Lapierre, baptisé le 19 décembre 1869; c'est le troisième baptême que mentionnent les registres.

 


BIBLIOGRAPHIE

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SEMAINE RELIGIEUSE DE QUEBEC, Archevêché de Québec. 

SOUVENIRS BEAUCERONS ET LA FAMILLE BOLDUC

TESSIER (abbé Albert)
Notre mère, la terre.
Les beaux Albums, Tavi, No 2.

VEZINA (Robert)
Histoire de Saint-Georges de Beauce,
1935.

VIE ADMIRABLE DU CHANOINE JOSEPH-ONESIME BROUSSEAU, Québec, "L'Action Sociale Limitée", 1930.

VIE DES SAINTS, Paris, "La Bonne Presse".

 


TABLE DES MATIÈRES

Lettre-Fréface 

Avant-propos

Le soixante-quinzième anniversaire de la Paroisse de Saint-Sébastien (poésie) 

La vie de Saint Sébastien 

Un peu de géographie 

Colonisation

Mission

La première chapelle

Le Presbytère

Le Cimetière

Cloches

Marguilliers et Syndics

Construction de l'église

Conseil Municipal

Commission Scolaire

La Vie Agricole

La Vie Sociale

Les chefs de famille

Soutiens du groupement familial

Mode d'existence

Travaux des champs

Habitations

Vêtements

Confection des tissus

Nourriture

Chansons

Récréations

Relations

Emigration

Mission de Saint-Samuel

Sainte-Martine de Courcelles

La Poste

Chemin de fer

Industrie laitière

Téléphone

Banque

Caisse populaire

Moulins

La carrière de pierre

Electricité

La vie militaire à Saint-Sébastien

Nos curés

Monsieur l'abbé Charles Hallé

Monsieur l'abbé Samuel Garon

Monsieur l'abbé L.-Ernest Nadeau

Monsieur l'abbé P.-M. Meunier

Monsieur l'abbé  Jos.-A. Poulin 

Monsieur l'abbé W.-Emile Laplante 

Vicaires

Religieux nés à Saint-Sébastien

Monsieur Louis Paradis

Monsieur Samuel Baillargeon

Famille Marceau

Monsieur Edouard Dallaire 

Familles éprouvées 

Médecins

Famille Therrien

Doyens 

Maisons

Magasins 

Exposition agricole 

Epidémies 

Incendies 

Retraites paroissiales 

Drapeau du Sacré-Coeur 

Salle paroissiale 

Fanfare

Bibliothèque paroissiale 

Corbillard 

Action catholique 

Registres 

Bibliographie 
 
 


Achevé d'imprimer

sur les presses de

"L'Étoile du Nord"

Joliette,

le 15 juillet 1944


 

Il a été tiré 1,000 exemplaires de cet ouvrage

"C'est la détermination chrétienne de nos pères, leur piété et leur fidélité à Dieu qui a conservé la foi en ce pays et qui a fait tout ce que le Canada français compte de beau dans son histoire religieuse".

(Le Cardinal Villeneuve, aux fêtes du deuxième Centenaire de Sainte-Marie-de-Beauce, le 5 juillet 1944).


TOME 1       TOME 2      TOME 3      TOME 4       TOME 5    TOME 6

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